Special things // Special Songs

Primal Scream – Riot City Blues. Reptiles on my street ?

primalscream.jpgRock'n'roll doctor, rock'n'roll nurse

Gimme a shot, gimme some pills

On a beau être amateur de rock, on a tous des lacunes. Il se trouve que je n'avais jamais écouté sérieusement un disque de Primal Scream de ma vie. Juste entendu quelques singles par ci par là. Je connais plus la tronche hallucinée Bobbie Gillepsie que ses chansons. Mea maxima culpa.

Je découvre donc ce groupe via "Riot City Blues", dans sa version la moins légale, dirons-nous.

D'abord le titre est parfait. Riot City Blues. Je me penche sur ce disque non pas à cause de très bonnes critiques lues sur papier ou sur écran, mais surtout à cause du titre. C'est important, le titre d'un album. C'est le principal reproche que l'on puisse adresser à Led Zeppelin. Riot City Blues, un titre comme ça, ça pose un disque. Mais ça promet beaucoup.

On continue sur l'emballage: très belle pochette. J'entends ici des comparaisons, Belle & Seb', etc… Oui, sauf que fond orange, sauf que la tronche du môme, et le serpent noir lové autour de son cou. Primal Scream promet du vice, du danger, du blues, du rien à foutre. Ambitieux tout ça…

Cessons ici le suspense. Le contenu est à la hauteur. Blindé jusqu'à la gueule de rock'n'roll, ce Riot City Blues. Pas un gramme de graisse, rien que du nerf et du muscle. Barbaque musicale de premier choix, sèche comme un coup de trique.

Harmonica d'origine contrôlée, guitares à tomber (les premières mesures de "When The Bomb Drops" sont à se damner, les solos acides de "The 99th Floor" ou "Suicide Sally & Johnny Guitar" perceraient n'importe quel blindage). La voix de Gillepsie est, paraît-il, faible. Pourquoi ai-je la nette impression d'avoir, juste derrière la nuque, un serpent, noir comme sur la pochette, qui se serait acheté un mégaphone ?

Sur quel champ de bataille sommes-nous parachutés ? Dans la cave de Keith Richards à Villefranche-sur-Mer ? Oui, il y comme un fumet de "Exile on Main St". Des emprunts aux Stones (pas qu'à eux), alors. En effet. Sauf que:

a) Faut remonter où pour trouver dans la discographie des Stones pour trouver un album de cette trempe ?

b) (corollaire du a) Primal Scream réussit à emprunter aux Stones des plans que même les Stones n'arrivent plus à se piquer à eux mêmes. Ca en dit long.

Jusqu'à maintenant, 2006 nous avait fourni des bons albums. Ce n'était que l'apéro. Il va falloir digérer ce Riot City Blues, qui me semble déjà l'album le plus consistant depuis… Song for the Deaf des QOTSA. Ce qui pourrait prendre toute une année.

Primal Scream – Suicide Sally & Johnny Guitar

Primal Scream – When The Bomb Drops 

22 May, 2006 Posted by | 00's, music, Rock | 8 Comments

Le cadeau du matin…

…est une reprise en concert de Walk on The Wild Side, par les Strokes

The Strokes – Walk On The Wild Side (Lou Reed cover) 

15 May, 2006 Posted by | 00's, music, Rock | 2 Comments

Neil Young – Living With War

neil-young-y-03.jpgGrande nouvelle. Neil Young revient, et il est pas content. L'album Living With War a été composé, écrit, et enregistré en 9 jours.

Le thème, en gros, c'est qu'il faut virer Bush. C'est assez explicite: la chanson phare, enregistrée avec 100 autres musiciens et chanteurs, se nomme "Let's Impeach the president". Selon les dires des participants, ils découvraient les paroles sur un grand écran, l'enregistrement a duré 12 heures non-stop, et le tout était visiblement proche d'une expérience mystico-religieuse. Quelques litres de larmes d'émotion auraient coulé ce jour-là selon nos informateurs. Pour les paroles, il s'agit d'un réquisitoire total contre Bush.
L'album, lui, marque un retour à l'électricité. Neil Young appelle ça du "Metal-folk". Après avoir été parmi les rares à esquiver les balles des punks (voir Johnny Roten qui avoue volontiers sa passion pour le Loner), après être devenu le parrain de la scène grunge, et pas seulement à cause de ses chemises de bucherons (voir l'album avec Pearl Jam en backing-band, et accessoirement la note de suicide de Kurt Cobain), on peut espérer que Neil Young deviendra le grand-père d'une scène rock ricaine politique moins plan-plan, plus électrique justement.

Pour écouter ça, pas de MP3. J'aurai bien sûr pu me faire chier à ripper ce machin d'une façon ou d'une autre pourne mettre icci que "Let's Impeach the President". Mais non, il faudra écouter l'album entier, et dans l'ordre, parceque Neil Young nous fait la grâce de le mettre à dispo ainsi, parcequ'il y a des artistes dont on a envie de respecter la volonté sur leur oeuvre.

Paye ton mini-player: Neil Young – Living With War(full album)

Et puis tant qu'à faire:

L'interview de Neil Young à CNN au sujet de ccet album, pour les anglophones

Neil Young & Crazy Horse – Hey hey, My my (live)

29 April, 2006 Posted by | 00's, music, Rock | 1 Comment

Dirty Pretty Things. Live au Trabendo

Comme ça, au passage, le boot du concert de la bande à Barat à Paris. Son pas top, mais comme les mp3 de "Waterloo to Anywhere" trainent partout sur la blogoboule, nul besoin de les poster ici. Pour le reste, c'est du punk-rock sauce anglaise de bonne facture.

Dirty Pretty Things – Intro(live@trabendo)

Dirty Pretty Things – Deadwood(live@trabendo)

Dirty Pretty Things – Doctors&Dealers(live@trabendo)

Dirty Pretty Things – If You Love A Woman(live@trabendo)

Dirty Pretty Things – Wondering(live@trabendo)

Dirty Pretty Things – Gentry Cove(live@trabendo)

Dirty Pretty Things – Bloodthirsty Bastards(live@trabendo)

Dirty Pretty Things – You Fucking love it(live@trabendo)

Dirty Pretty Things – Death On The Stairs(live@trabendo)

Dirty Pretty Things – Gin&Milk(live@trabendo)
Dirty Pretty Things – The Enemy(live@trabendo)

Dirty Pretty Things – Last of Small Town Playboys(live@trabendo)

Dirty Pretty Things – Bang Bang(live@trabendo)

Rappel:

Dirty Pretty Things – France(live@trabendo)

Dirty Pretty Things – I Get Along(live@trabendo)

Voir au sujet de Barat et les DPT, cet amusant billet d'Interprétations Diverses.

20 April, 2006 Posted by | 00's, bootlegs, music, Rock | 7 Comments

Les tripes à l’air (Mark Lanegan & Two Gallants)

lanegan.jpgIl y a quelques jours, retour de chez mon disquaire (Plus de Bruit, rue de la Rochefoucauld, Paris 9, qui BAISSE le prix de ses CD à 10 euros, amen) avec sous le bras le double DVD de Led Zep ainsi que deux disques: "Ballads of the Broken Seas" par Isobel Campbell et Mark Lanegan. Et "What the Toll Tells" par Two Gallants.

Je le dis tout net, "What the Toll Tells" est pour le moment le meilleur disque de l'année. Two Gallants sont deux types de San Fransisco: Adam Stephens (guitare-harmonica-chant) et Tyson Vogel (chant-batterie). A noter qu'ils ont décidé dans les crédits de pochette, de se faire appeler respectivement Chelsea Jackson et Auggie Washington. La rumeur dit que Chelsea et Auggie étaient les noms de leurs chiens, et Jackson et Washington ceux de leurs rues. Respectons donc la volonté des artistes.

La première chanson se nomme "Las Cruces Jail". Elle a le bon goût de s'ouvrir par une intro d'une minute complètement Morriconnienne. Le vent qui souffle, une gratte, un sifflement. L'ambiance est posée. On attend que les pistoleros dégainent. Et Chelsea Jackson hurle. Il faut parler deux secondes de la voix de Chelsea. Un vieux clou rouillé. Colère sans outrance, souffrance sans gémissements. Un savant dosage mais sans une goutte d'artifice. La musique est l'avenant, intemporelle. Il n'y a pas chez Two Gallants la volonté d'inventer quelque chose de neuf, de révolutionner quoi que soit. Pour une bonne raison: à mon avis, les Two Gallants pense que les formes actuelles du blues rock se suffisent largement à elle-même, que l'on peut encore dire et faire ressentir des choses avec. Un peu comme les gens qui continuent à écrire de la musique classique sans en bouleverser les codes.

Et chez Two Gallants, parce que la forme est dépouillée, parce qu'on est en somme en terrain connu, il y a toute la place pour déballer, pour se vider les tripes. C'est encore plus flagrant sur "Stead Rollin'" à tomber par terre.

Et j'en viens à Mark Lanegan et sa compère Campbell. C'est beau, les deux voix se marient à merveille. Mais ce disque est une légère déception, en tout cas pour un fan de Lanegan. Parceque "Ballads of the Broken Seas" est bien trop paisible, et qu'on aime bien entendre ce type souffrir. En temps normal, il y a quelque chose d'un plaisir sadique à écouter Mark Lanegan. Avec Isobel Campbell, Mark-les-60-clopes-par-jour trouve des moments de paix, et c'est bien dommage. Soit malheureux et chante. Bref, il y a un manque de tripes à l'air. Par rapport à une fournée habituelle de Lanegan, s'entend.
Donc plutôt qu'un extrait de ces "Ballads…", voici des bouts de "Bubblegum", grand disque qui ne vieillera que bien. En l'occurrence, la chanson d'ouverture "When Your Number isn't up", qui contient un des mes "bouts de 10 secondes" préférés de l'histoire de la musique, ce vers "There's no use for you here anymore". Et puis tiens, "Methamphetamine Blues".

Entre Lanegan et Two Gallants, il y une filiation assez claire, purement américaine, et une sensibilité écorchée qui réchauffe les âmes glacées par trop de post-rock.

Two Gallants – Las Cruces Jail

Two Gallants – Steady Rollin'

Mark Lanegan – When Your Number Isn't Up

Mark Lanegan – Methamphetamine Blues

9 April, 2006 Posted by | 00's, music, Rock | 5 Comments

Sex-Rock & Hard-Roll

Il existe une méthode de cartographie du monde qui consiste à accorder une surface donnée à chaque pays en fonction de son PIB ou de son degré d'éducation, etc…

Imaginez la carte du rock depuis les années 2000 rapportée à l'écho médiatique (presse spécialisée, webzine, forums, blogs, tout celà agrégé) de chaque groupe ou mouvement. Ca nous donne, à peu de choses près:

– Un énorme continent de la dictature du "rock à rimmel" avec comme capitale Placebo (en campagne quasi-militaire ces jours-ci) et Green Day (auparavant membre de la nation punk annexé par le rock à rimmel).
– Une meta-île qui aurait plus ou moins la forme de la Grande-Bretagne. Aux dernières nouvelles, des vauriens nommés Arctic Monkeys se sont emparés de force du trône (laissé vacant par les princes jumeaux Pete Doherty et Carl Barat) sous le nez d'un paquet d'autres prétendants.

– La Confédération des Collectifs Plus ou Moins Canadiens. "Collectif" est un mot vachement plus bankable et indie que "groupe". Même quand ils sont New-Yorkais, ces collectifs sont plus ou moins Canadiens. Ils sont cool, ils sont indie, et ils sont collectifs comparés au reste des musiciens qui ne sont que des "groupes". Allez comprendre.

Voilà pour le panorama actuel. Grosso modo et subjectivement.

Mais dans un coin, tout là-bas à gauche, il y aurait un petit carré de bruit, de débauche, de grosses guitares. Ca se passe aux USA et c'est diablement plus jouissif que le panorama sus-cité.

Il y a donc là-bas un type nommé Jesse Hugues alias "The Devil". Ce mec a surnommé sa moustache (Freddie se marre dans son tombeau) son "soft boomerang of love". Il dit jouer du "sex rock". Quand on lui demande sa motivation pour jouer de la musique, The Devil répond: "Je ne suis pas venu ici pour sauver les baleines. Je suis venu pour les dames". Jesse s'est trouvé un acolyte de premier ordre en la personne de Baby Duck alias Carlos Von Sextron alias Joshua Homme, plus connu comme leader des Queens Of The Stone Age.  Avec un personnel fluctuant, ils ont déjà pondu "Peace Love Death Metal" et reviennent trés bientôt avec un deuxième album nommé "Death By Sexy" à acheter d'office. Un avant goût (Cherry Cola) en fin de billet.

 Non loin de là, à San Diego, un certain Jason Hill compose des  chansons tout à fait salaces sur une musique vicieuse. Kinky. Sur les pochettes d'album et d'EPs, dans les clips, des pin-ups dans tous les sens. Louis XIV s'intéresse aux filles et à peu près qu'à ça. Leur dernier concert au point FMR à Paris a été l'occasion de tester quelques nouveaux titres dont un qui parlait manifestement de poneys. J'ai vaguement peur de ce qu'ils ont pu raconter. De Detroit, Dick Valentine et ses amis fondent un groupe de rock. Comme ils sont six et qu'ils sont électriques, ils se baptisent Electric Six. Ils chantent les photos de ma mère à poil, les bars gays, et se proclament "Dance Commander". Des fils batards de AC/DC et de Boney M.

Et puis parfois, au Rancho de la Luna, non loin du légendaire Joshua Tree, Josh Homme emmène ses ami(e)s en colo. Les Desert Sessions. C'est au milieu de nulle part, mais ça donne parfois des bijoux. C'est pour le coup, un vrai collectif, qui rassemble des musiciens venus de groupes de tous les horizons. Donc ce duo à tomber avec PJ Harvey, I Wamma Make It Wit Chu.

Quelques morceaux pour illustrer mon propos:

Eagles Of Death Metal – English Girl

Eagles Of Death Metal – Cherry Cola

Louis XIV – Paper Doll

Electric Six – Electric Demons  In Love

Josh Homme & PJ Harvey (Desert Sessions) – I Wanna Make it wit Chu

Voilà, c'est du sex-rock selon l'homme à la moustache, c'est du rock'n'roll, mais ça n'a pas oublié le "roll" de ce mot composé. Ces disques ne se périment pas. 2,3 ou 4 ans après, toujours le même plaisir. J'en ai marre du rock. Il a tiré la couverture. Pris un peu la grossse tête. Oublié les mouvements pernicieux du bassin d'Elvis. J'aimerais un peu plus de Roll. Et pourquoi pas du Punk-Roll, du Pub-Roll, de la Pop-Roll, et même du Roll à rimmel et des collectifs Roll.
PS: un live entier des Eagles Of Death Metal à télécharger sur leur site…

29 March, 2006 Posted by | 00's, music, Rock | 2 Comments