Special things // Special Songs

Sex-Rock & Hard-Roll

Il existe une méthode de cartographie du monde qui consiste à accorder une surface donnée à chaque pays en fonction de son PIB ou de son degré d'éducation, etc…

Imaginez la carte du rock depuis les années 2000 rapportée à l'écho médiatique (presse spécialisée, webzine, forums, blogs, tout celà agrégé) de chaque groupe ou mouvement. Ca nous donne, à peu de choses près:

– Un énorme continent de la dictature du "rock à rimmel" avec comme capitale Placebo (en campagne quasi-militaire ces jours-ci) et Green Day (auparavant membre de la nation punk annexé par le rock à rimmel).
– Une meta-île qui aurait plus ou moins la forme de la Grande-Bretagne. Aux dernières nouvelles, des vauriens nommés Arctic Monkeys se sont emparés de force du trône (laissé vacant par les princes jumeaux Pete Doherty et Carl Barat) sous le nez d'un paquet d'autres prétendants.

– La Confédération des Collectifs Plus ou Moins Canadiens. "Collectif" est un mot vachement plus bankable et indie que "groupe". Même quand ils sont New-Yorkais, ces collectifs sont plus ou moins Canadiens. Ils sont cool, ils sont indie, et ils sont collectifs comparés au reste des musiciens qui ne sont que des "groupes". Allez comprendre.

Voilà pour le panorama actuel. Grosso modo et subjectivement.

Mais dans un coin, tout là-bas à gauche, il y aurait un petit carré de bruit, de débauche, de grosses guitares. Ca se passe aux USA et c'est diablement plus jouissif que le panorama sus-cité.

Il y a donc là-bas un type nommé Jesse Hugues alias "The Devil". Ce mec a surnommé sa moustache (Freddie se marre dans son tombeau) son "soft boomerang of love". Il dit jouer du "sex rock". Quand on lui demande sa motivation pour jouer de la musique, The Devil répond: "Je ne suis pas venu ici pour sauver les baleines. Je suis venu pour les dames". Jesse s'est trouvé un acolyte de premier ordre en la personne de Baby Duck alias Carlos Von Sextron alias Joshua Homme, plus connu comme leader des Queens Of The Stone Age.  Avec un personnel fluctuant, ils ont déjà pondu "Peace Love Death Metal" et reviennent trés bientôt avec un deuxième album nommé "Death By Sexy" à acheter d'office. Un avant goût (Cherry Cola) en fin de billet.

 Non loin de là, à San Diego, un certain Jason Hill compose des  chansons tout à fait salaces sur une musique vicieuse. Kinky. Sur les pochettes d'album et d'EPs, dans les clips, des pin-ups dans tous les sens. Louis XIV s'intéresse aux filles et à peu près qu'à ça. Leur dernier concert au point FMR à Paris a été l'occasion de tester quelques nouveaux titres dont un qui parlait manifestement de poneys. J'ai vaguement peur de ce qu'ils ont pu raconter. De Detroit, Dick Valentine et ses amis fondent un groupe de rock. Comme ils sont six et qu'ils sont électriques, ils se baptisent Electric Six. Ils chantent les photos de ma mère à poil, les bars gays, et se proclament "Dance Commander". Des fils batards de AC/DC et de Boney M.

Et puis parfois, au Rancho de la Luna, non loin du légendaire Joshua Tree, Josh Homme emmène ses ami(e)s en colo. Les Desert Sessions. C'est au milieu de nulle part, mais ça donne parfois des bijoux. C'est pour le coup, un vrai collectif, qui rassemble des musiciens venus de groupes de tous les horizons. Donc ce duo à tomber avec PJ Harvey, I Wamma Make It Wit Chu.

Quelques morceaux pour illustrer mon propos:

Eagles Of Death Metal – English Girl

Eagles Of Death Metal – Cherry Cola

Louis XIV – Paper Doll

Electric Six – Electric Demons  In Love

Josh Homme & PJ Harvey (Desert Sessions) – I Wanna Make it wit Chu

Voilà, c'est du sex-rock selon l'homme à la moustache, c'est du rock'n'roll, mais ça n'a pas oublié le "roll" de ce mot composé. Ces disques ne se périment pas. 2,3 ou 4 ans après, toujours le même plaisir. J'en ai marre du rock. Il a tiré la couverture. Pris un peu la grossse tête. Oublié les mouvements pernicieux du bassin d'Elvis. J'aimerais un peu plus de Roll. Et pourquoi pas du Punk-Roll, du Pub-Roll, de la Pop-Roll, et même du Roll à rimmel et des collectifs Roll.
PS: un live entier des Eagles Of Death Metal à télécharger sur leur site…

29 March, 2006 Posted by | 00's, music, Rock | 2 Comments

La Sainte Mère Russie au secours du rock

cossaccks.jpgLes frontières du rock ne s’arrête pas à la Vieille Europe et aux States. Je ne suis pas vraiment qualifié pour en parler, et en laisse le soin à Rockomondo entre autres. Mais certains instruments, certaines tournures venues d’autres horizons se sont fait leurs places, pour le pire ou le meilleur, chez les artistes anglo-saxons. Le pire, c’est le sitar importé par les Beatles entre autres. Planqué sous un quintal de LSD et des manuels de spiritualité hindou, John, Paul, George et Ringo, les galopins ont planqué cet instrument et leur maître à jouer Ravi Shankar. Beau, mais très vite gavant, l’instrument reste à jamais la bande-son officielle de l’époque la plus dégoulinante de bons sentiments. Une époque où la musique se prennait un peu trop au sérieux dans son rôle de “sauveur du monde”.

Pour le meilleur, je citerai en particulier l’influence des choeurs russes, communément appelés “choeurs de l’Armée Rouge”. Ces voix graves et viriles accompagneront à merveille vos mets pop ou rock. La preuve avec ces deux exemples (et un bonus), parmi d’autres, de la polyvalence des ces choeurs.

D’abord David Bowie: le caméléon-voleur-pygmalion du rock enregistre une chanson qui porte d’abord le nom de “He’s a goldmine” en novembre 1971. Mais la dégage de la tracklist prévue de The Rise and Fall of Ziggy Stradust & the Spiders form Mars. Trop “David Bowie” à ses yeux. Mais “Velvet Goldmine” sort en face-B de la réédition de Space Oddity en 1975, sans la permission de Bowie. “The whole thing came out without my having a chance to listen to the mix. Somebody else had mixed it – an extraordinary move”. Pas mécontent que Velvet Goldmine se soit taillé une place dans le coeur des fans, Bowie signe finalement la reconaissance de paternité et la chanson figure à présent sur les rééditions de “Ziggy”.
Deux choses notables dans cette chanson: un refrain d’une poésie absolue, et un final russisant à tomber, avec ces gorges vibrantes très Kalinka. Vol sans escale vers les grandes steppes blanches de notre sainte mère Russie.

Ensuite, les Eighties Matchbox B-Line Disaster. Les grands malades de Brighton n’ont pas encore la renommée de Bowie, mais ce qu’ils ont produit en deux albums met à l’amende toute la production britannique actuelle. Que ce soit en terme d’inventivité, de son, de performance vocale… et de violence.

“I Hate The Blues” devrait a priori figurer sur leur troisième album. Elle a été présentée sur leur myspace. “Oh Yeah, she looks so good”. La voix de Guy McKnight réveille les fantômes des cavaliers cosaques. Les steppes immaculées de Bowie sont piétinées, gorgées de sang. Les Eighties Matchbox cavalent avec les têtes de leurs ennemis plantées en haut des piques. Il y a aussi comme un goût de “Mamouchka” des barges de la famille Addams…

Pour finir, un instru: “To Russia my Homeland” de … And You Will Know Us By The Trail Of Dead. Pour le titre qui va bien, mais aussi ce petit violon de fête foraine, qu’on appelle parfois “l’âme slave”.

David Bowie – Velvet Goldmine

The Eighties Matchbox B-Line Disaster – I Hate The Blues

… And You Will Know Us By The Trail Of Dead – To Russia My Homeland

20 March, 2006 Posted by | music, pop, Rock | Leave a comment

Louie Louie, “Universal Party Song” ?

richard-berry-sized.jpgEN 1983, la radio KFJC organise le “Maximum Louie Louie” un marathon radiophonique censé regrouper le plus de versions possibles de la fameuse chanson. L’émission durera 63 heures d’affilée avec 800 versions diffusées. A l’heure actuelle, le site de référence sur la question d’Eric Predoehl, sur lequel j’ai trouvé pas mal d’infos, louielouie.net, référence environ 1600 versions. Ce qui en fait sans doute la deuxième chanson la plus reprise de l’histoire de la musique. Derrière “Yesterday” des Beatles, a priori.

A l’origine, il y a Richard Berry, pas l’acteur français… Mais un songwriter prolifique né en 1935, qui a eu du mal à faire reconnaître tout son crédit dans l’histoire de cette chanson qu’il écrit en 1955.  Il l’enregistre comme single en 1957 avec The Pharaohs. Popularisée par les Kingsmen. Repopularisée par Iggy et les Stooges puis Iggy solo. Qui sera le prochain ? Jack White pourrait faire l’affaire.

Parmi la multitude de versions, en voici quelques unes, dont l’originale. Plus ou moins farfelues et réussies.

Louie Louie – Richard Berry

Louie Louie – Pink Finks

Louie Louie – The Kingsmen

Louie Louie – Grateful Dead (Live)

Louie Louie – The Sonics

Louie Louie – Swamp Rats

Louie Louie – Stooges

Louie Louie – The Clash

Louie Louie – Phallus

Louie Louie – 2PumpLouie

Louie Louie – Otis Redding

Parmi les reprises notables, il manque ici celles de Black Flag et Toots & The Maytals.

Bonus: la vidéo de Louie Louie par Iggy Pop, sur le Live at Avenue B

18 March, 2006 Posted by | music, Rock | 2 Comments

Un coffre à jouets pour une boîte à musique

Pour ce matin, voici un lien vers un site comme on en trouve peu. The Hound, alias Jim Marshall, a animé de 1985 à 1997 une émission sur WFMU, aux USA. Ce type a arrêté d’écouter tout ce qui a été enregistré aprés, en gros, les débuts du punk new-yorkais. Mais pour tout ce qui s’est passé avant, c’est une vrai mine d’or. Toutes ses émissions sont peu à peu ajoutées à la base de donner, que l’on peut parcourir par émission, par titre de chanson ou par interprète. On peut écouter l’émission toute entière, ou set par set, ou titre par titre.

A vu de nez, il y a 150 émissions de 40 minutes online, soit 6000 minutes = 100 heures de oldies et raretés à découvrir. Même si la qualité des MP3 est parfois limite, ce sont, pour 95 %, des choses difficilement trouvables ailleurs.
Quelques exemples :

Again and Again – Iguanas (le premier groupe d’Iggy Pop)
Batman Theme – Link Wray
In My Room – The Beach Boys, mais en allemand s’il vous plait.

J’ai  quant à moi un service à demander à des lecteurs bienveillants. J’envisage d’utiliser Box.net pour archiver des sons et les mettre à disposition ici. Leur service à l’air pro, interface claire, pas de pubs, 1 Gb de stockage gratuit. Sauf que pour débloquer le direct linking et donc pouvoir effectivement les publier, il faut soit payer, soit parainner l’abonnement de 5 filleuls.

Donc si un truc de ce genre peut vous être utile ou que vous avez envie de faire votre bonne action de la journé, cliquez ci-dessous:

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En vous remerciant.

17 March, 2006 Posted by | liens, music | Leave a comment

Pearl Jam – The Mamasan Trilogy

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Pearl Jam – Alive (Live in Zurich 92)

Pearl Jam – Once (Live in Zurich 92)

Pearl Jam – Footsteps (Live in Zurich 92)

“World Wide Suicide” fait une entrée fracassante à la troisième place du Billboard US Modern Rock. Pearl Jam espérait un succés populaire pour l’album à venir, il se profile à l’horizon.

“Existe-t-il chose plus pénible que le son atroce émis par Eddie Vedder dans son groupe de bouseux pro-bermudas ?” demandait Nicolas Ungemuth, pistolero facile mais talentueux de Rock&Folk dans un article qui aura ulcéré un paquet de gens. Ok, pour les shorts… Sur la voix de Vedder, chacun se fera son opinion. Pearl Jam aura pris pas mal de claques, sera resté dans l’ombre de Nirvana, galère pas mal à se renouveller. N’empêche, il reste un groupe toujours vivant, un paquet de chouettes chansons. Et une attitude respectueuse vis a vis des fans qui les pousse à offrir leur dernier single, à changer de set-list tous les soirs, à rendre hommage aux groupes à qui ils doivent leur inspiration, à n’avoir pas cédé à la clip culture. A rester fidèles. A comparer avec leur “contemporain” Chris Cornell, tartiné d’autobronzant, empêtré avec les restes de Rage Against The Machine dans le bourbier Audioslave…

Le come-back de Pearl Jam est donc l’occasion de revenir sur les débuts du groupe et la “Mamasan Trilogy”. Continue reading

16 March, 2006 Posted by | 90's, music, Rock | 64 Comments

Pearl Jam – World Wide Suicide (new single) + Gone (acoustic)

pearl jam.jpgIl y a pas mal de choses à dire sur Pearl Jam, et j’y reviendrais trés bientot. Mais pour l’heure, le groupe annonce un huitième album appelé “Pearl Jam” (à paraitre le 2 mai) et a la bonne idée d’offrir le premier single “World Wide Suicide”. Un retour à un rock plus direct, tranchant. Avec toujours la voix d’Eddie Vedder à vif, à mes yeux le meilleur chanteur sortie des années 90.

Le single est téléchargeable sur le site off de Pearl Jam en échange d’une adresse e-mail. Il n’y restera pas éternellement a priori.

S’il n’y est plus (et seulement dans ce cas svp), téléchargez-le ici:

Pearl Jam – World Wide Suicide

Tracklist de l’album:

Life Wasted
World Wide Suicide
Comatose
Severed Hand
Marker In The Sand
Parachutes
Unemployable
Big Wave
Gone
Wasted Reprise
Army Reserve
Come Back
Inside Job

En prime, une version acoustique de “Gone” (trouvée ici)

10 March, 2006 Posted by | music | 1 Comment

Dead Rockstars Secret Playlist

Être une rockstar est dangereux pour la santé. 36,9 ans d’espérance de vie contre 75,8 pour un américain moyen, selon cette page tenue par une bande de tarrés appelé Dial-the-Truth Ministeries. A la mémoire de ces braves tombés au front pour le bien de nos tympans, voici une petit playlist hommage:

  • “Kill your idol” de Static-X pour John Lennon (Beatles). Assassiné par vous savez qui vous savez où, probablement.
  • “I’m in love with my car” de Queen pour Marc Bolan (T-Rex). Accident de voiture.
  • “Aneurysm” de Nirvana pour Jeffrey Lee Pierce (Gun Club). Rupture d’anévrisme.
  • “Danger ! High Voltage” de Electric Six pour Keith Relf (Yardbirds). Electrocuté par sa guitare.
  • “Fuel” de Metallica pour Ronnie Van Zant, Cassie et Steven Gaines (Lynyrd Skynyrd). Avion en rade de carburant.
  • “Happiness is a warm gun” des Beatles pour Kurt Cobain (Nirvana). Suicide par balle.
  • “Hangin’Tree” des Queens Of The Sonte Age pour Ian Curtis (Joy Division). Suicide par pendaison.
  • “Heartbreaker” de Led Zeppelin pour Fred “Sonic” Smith et Rob Tyner (MC5). Crises cardiaques.
  • “River Deep, Moutain High” de Ike & Tina Turner, pour Jeff Buckley. Noyé dans le Mississippi.
  • “I believe I can fly” de R. Kelly pour Robert Wyatt, pas mort mais pas passé loin. Se défenestre sous l’emprise d’une drogue dit-on.
  • “Sugar Moutain” de Neil Young, pour Angus MacLise, tout premier percutionniste du Velvet Underground. Hypoglycémie.
  • Et à la mémoire de tout ce beau monde:  Death is not the end de Bob Dylan, dont il existe aussi une belle version avec notamment Nick Cave et ses Bad Seeds, PJ Harvey, Shane MacGowan, et Kylie Minogue.

7 March, 2006 Posted by | music | 1 Comment

Blank Generation, l’histoire du type qui s’en va

Blank Generation – Richard Hell & The Voidoids

richardhell.jpgC’est l’histoire d’un mec qui cri “Laissez-moi sortir !”. Ce n’est pas moi qui le dit, mais lui, Richard Hell, dans le premier vers de “Blank Generation”:

I was sayin let me out of here before I was even born

Donc, aprés être sorti du ventre de sa mère, Richard Hell, né Richard Meyers en 1949, se barre de son internat dans le Deleware en compagnie d’un certain Tom Miller. Les deux fugueurs se font attraper en Alabama après avoir provoqué un incendit. “L’un d’eux a déclaré qu’il voulait se réchauffer (il changera son nom en Verlaine). L’autre dit avoir juste voulu admirer le champ en flamme.” C’est ce qu’affirme en tout cas la note de pochette de l’album “Blank Generation”.

Le futur Verlaine retourne à l’école, passe son diplôme. Hell, lui, passe un accord avec sa mère, abandonne définitivement les études et part à New-York. Si Tom avait choisi Sawyer au lieu de Verlaine, Hell aurait été Huckleberry Finn.
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3 March, 2006 Posted by | 70's, music, punk | 8 Comments