Special things // Special Songs

War Pigs, 7’55 avant la Fin du Monde

War Pigs – Black Sabbath (1970)

A ma connaissance, Black Sabbath est le seul groupe de rock pré-apocalyptique. Je m’explique. Le genre “post-apo” a été assez usité en littérature et au cinéma (cf MadMax par exemple). Le thème d’une humanité qui se reconstruit est assez porteur. En revanche, rares sont les livres ou les films dont l’histoire commencent dans un monde en pleine déliquescence, et se termine dans le néant total. Un film où tout le monde meurt à la fin, même Bruce Willis… Une chute un peu abrupte, et une sévère baisse du “moral des Français”, comme on dit chez les sondeurs, à la sortie. Galère pour sortir une suite…

Si un tel film existait, sa bande-son serait intégralement composée de chansons de Black Sabbath.

Le seul groupe pré-apocalyptique donc. Parce que ses chansons sont faites pour accompagner l’Armaggedon et nul autre moment. Parce qu’Ozzy Osbourne se sera occupé trop longtemps sur MTV en attendant ce jour. Donc, au milieu des cratères, des armées de clones, des abeilles mutantes, entre deux tartines à l’uranium appauvri, 7 minutes et 55 secondes avant l’explosion de la bombe fatidique, Ozzy, Tony et les autres – morts ou pas – vêtiront des robes de bure, se laboureront le dos comme les Flagellants millénaristes en leur temps, et Osbourne entonnera “War Pigs” de sa voix de prêcheur bancal.

La chanson commence avec une sirène d’alerte à la bombe et se termine avec une partie instrumentale connue sous le nom de “Luke’s Wall”. Entre les deux, une chanson qu’on pourrait dire politique. 1970, la guerre du Vietnam. Sauf que.

Now in darkness world stops turning
As the war machine keeps burning
No more war pigs have the power
Hand of God has struck the hour
Day of judgment God is calling
On their knees, the war pigs crawling
Begging mercy for their sins
Satan laughing spreads his wings
Oh Lord yeah

Contrairement aux brouettes de hippies appelant à l’unité et aux manifestations anti-vietnam, Black Sabbath ne laisse pas espérer une seconde une quelconque échappatoire. On ne “protest” pas devant Black Sabbath.

Le mot de la fin pour Lester Bangs, qui n’a pas toujours eu raison mais là si: “War pigs prend fin par un fantasme de Jugement Dernier, l’épée de l’Archange tranchant les coups de ceux qui ont choisi de suivre Lucifer et doivent désormais le suivre dans la Géhénne. Vous pouvez ricaner, mais les Black Sabbath sont les Milton du rock’n’roll”.

  • “War Pigs” ouvre Paranoïd, le deuxième album de Black Sabbath, sorti en 1970 au Royaume-Uni et en 1971 aux USA. Le disque lui-même devait s’appeler War Pigs, mais un type de la Warner décida que peut-être ce n’était pas une bonne idée compte tenu de la situation aux USA.
  • PIG sont les initiales de Plastic Infantry Guys, nos soldats de plomb en plastique vert. Etonnant, non ?
  • “War Pigs” ne faisant pas plus référence à la guerre du Vietnam qu’à aucune autre, elle a l’avantage d’être une “chanson générique”. Dans deux siècles, on pourra toujours illustrer des “protest-clips” avec “War Pigs“. Comme celui-ci.
  • Parmi les nombreuses reprises de “War Pigs”, voyez cette version batterie-piano par les Dresden Dolls en vidéo. (21 MB. Suggestion de Sublimestyle, merci)

10 February, 2006 - Posted by | 70's, Heavy Metal, music

2 Comments »

  1. It’s one thing to flourish and another to fight. Anchor.

    Comment by Anchor | 27 October, 2006 | Reply

  2. Very amazing site! I wish I could do something as nice as you did…mary

    Comment by Economy news and blog | 11 January, 2007 | Reply


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