Special things // Special Songs

You really got me, le rock martyrisé

kinks.jpg Les Kinks, c’est l’histoire de plein de chansons et des frères Davies, dont l’un (Ray) sera plus important que l’autre (Dave photo). Parcequ’il est le songwriter principal du groupe mais surtout un parolier au statut unique dans l’histoire du rock anglais. Mais en 1964, nous n’en sommes pas encore là…

Les Kinks (de “kinky”, vicelard ou pervers en slang) ont sorti en février “Long Tall Sally”, une reprise de Little Richard. Flop aux charts, alors qu’en juillet, les Beatles trônent pendant 7 semaines au sommet avec leur propre reprise (“Long Tall Sally” est d’ailleurs le tout dernier titre joué lors de leur dernier concert public, le 29 août 1966 au Candlestick Park de San Francisco). Entre temps, en avril, les Kinks ont sorti “You still want me”. Deuxième échec.

Pye, leur maison de disque, leur signifie gentiment qu’il faut un hit, et vite. Ray Davies débarque donc avec “You really got me”. La chanson originale, composée au piano, durait 6 minutes. Dave Davies la joue à la guitare. Les paroles semblent ridicules en comparaison des joyaux pondus par Ray par la suite. Une fille, du sexe, la routine. La première version débutait, semble-t-il, par “You, you really got me now”. Lors de la prise studio, Ray remplace le “You” par un “Girl” censé appater l’audience féminine.

Mais la première version ne satisfait pas le groupe. “You really got me” est pourtant déjà largement sauvage, répétitive et totalement inédite. Shel Talmy, le producteur, pense pourtant que c’est déjà un numéro 1 en puissance. La petite amie de Dave résume la situation en expliquant que la chanson ne lui donne pas envie de se mettre à poil (“drop her knickers”).

amplikinks.jpgDave Davies, du haut de ses 17 ans, prend alors les choses en main. Le speaker de son ampli Elpico surnommé “Little Green” subit les outrages d’une lame de rasoir et, selon les sources, de quelques punaises et coups de pompes. L’histoire commence à cet instant pour les Kinks: un son de guitare crade, ultra-connu de nos jours, mais totalement révolutionnaire à l’époque. Un moment comme il n’y en a pas dix dans l’histoire du rock. En un mot, “You really got me” est vraiment kinky, vicieuse, bestiale. La voix de Ray, et un solo virtuose (joué par Dave et non par Jimmy Page comme le veut la rumeur) font le reste.

“You really got me” entre directement numéro 1 dans les charts anglais puis américains, mais surtout dans la tête des gens, dont une bonne majorité n’a même jamais entendu parler des Kinks.
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  • En octobre 1964, les Kinks récidivent avec “All Day and all of the night”, version 1.5 de “You really got me”: un accord en plus, et la deuxième place des charts.
  • Parmi les reprises de “You really got me”, on peut ne garder que celle de Van Halen sur leur premier album.
  • Contrairement à un paquet d’autres trés grandes chansons, “You really got me” ne peut pas se passer d’électricité. La version acoustique bluesy de Ray Davies sur “The Stroyteller” suffit à le prouver.

22 January, 2006 - Posted by | 60's, music, Rock

1 Comment »

  1. Google is the best search engine

    Comment by Jane Ross | 17 January, 2007 | Reply


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